5 erreurs à éviter dans la mise en place d’échauffement en entreprise

5 erreurs à éviter dans la mise en place d'échauffement en entreprise

Les échauffements en entreprise rentrent parfaitement dans la catégorie « Tout le monde sait, mais personne ne fait ». Du moins, c’est le ressenti qui en ressort quand on interroge une personne sur ce sujet. Plus de 10 ans qu’il est évoqué notamment dans le cadre de la prévention des Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) en entreprise, sans qu’il ne se développe vraiment. Alors oui, ne crions pas scandale non plus ! Certaines entreprises s’y sont mises et ont même développés des concepts d’échauffements (très) efficaces avant la prise de poste. Et si l’heure était venu de les développer en masse ? Voici 5 erreurs à éviter si l’on s’y met :

Penser que ça coûte plus que ça ne rapporte

Mettre en place des échauffements avant la prise de poste a forcément un coût, économiquement parlant. Et si c’était plutôt un investissement ? Oui, une opération qui affecte les ressources afin de permettre l’accroissement de l’entreprise. Certes, elle peut par exemple, payer un prestataire entre 5000 et 10 000€ (selon sa taille et le nombre de personnes concernées). Cependant combien va-t-elle gagner ? Quels sont les bénéfices ? L’argent reste le nerf de la guerre ! Alors parlons valeur actuelle nette, retour sur investissement, break even, etc. Tous les indicateurs montrent clairement un rendement plus que positif.

Ce retour sur investissement, aussi appelé « retour sur politique de prévention (ROP) », est en moyenne de 2,2 (OPPBTP, COCT). Ainsi pour 100€ engagés dans la prévention, l’entreprise en retire 220€ soit 120€ d’excédant. Il est important de noter que ce résultat est d’autant plus important pour les TPE (moins de 10 salariés) où le rendement est très souvent supérieur à 3 et atteint souvent 5. L’investissement est sur un instant T, les bénéfices sur plusieurs années. Le retour sur investissement est souvent de 1,5 an, ce qui est relativement rapide.

Pour y remédier :

  • Faire un calcul du retour sur investissement avec un tableau en indiquant les investissements, les bénéfices, le cash flow, le ROI, ROP sur 1, 2, 3 ou 10 ans.
  • Voici un exemple de tableau excel perfectible à télécharger en ligne ICI 
Prévention rime avec Performance !
échauffement avant prise de poste

Laisser la pratique des échauffements libre

Afin de garantir un retour sur investissement économiquement viable, il est important que la pratique des échauffements soit encadrée et suivie. Quand on parle de liberté c’est à la fois temporelle et d’un point de vue humain. Il est évident pour tous qu’un sportif s’échauffe au début de son entrainement ou avant son match. Il devrait en être de même avant de commencer à travailler. Peu importe que l’arrivée dans l’entreprise soit à 6h ou 14h, il est primordial de pratiquer les échauffements AVANT la prise de poste. Dans le même temps, même si l’on ne peut pas forcer les salariés à pratiquer les échauffements il est important de solliciter l’ensemble des collaborateurs dans cette pratique. Quoi qu’il en soit, après cette entrée en matière, chacun commencera sa journée avec un boost d’énergie ! L’idéal pour être pleinement investi dans son travail. Arrivée, échauffement, performance.

Pour y remédier :

  • Les échauffements doivent être fixés à des heures précises selon les contraintes d’arrivée des équipes et des collaborateurs
  • La communication autour de cette pratique doit être inclusive et favoriser la participation

Ne pas viser sur le long terme

Beaucoup d’entreprise mettent en place une unique intervention ou un atelier pour les salariés. C’est déjà mieux que rien, pérenniser la pratique c’est quand même mieux ! La semaine de la qualité de vie ou de la sécurité au travail sont des opportunités de tester la réaction des collaborateurs (d’ailleurs pour réserver un atelier c’est par ICI). Cependant, ils ne peuvent en aucun cas changer les habitudes. Recevoir des informations théoriques ou pratiques pendant seulement une heure ou une heure et demie ne permettent pas une mise en place efficace . Les jours suivants quelques-uns essaieront… Et au fil des semaines la pratique s’essoufflera. C’est comme une bonne partie des résolutions de début d’année, au bout d’une semaine, c’est fini.

Pour y remédier :

  • Créer une dynamique collective impliquant la direction et tous les acteurs concernés avec des échauffements encadrés d’abord par un professionnel extérieur à l’entreprise pendant plusieurs jours, semaines, mois
  • Désigner un ou des « manager » naturels ou déjà admis dans l’entreprise qui sont des relais garants de la pratique et qui font faire les échauffements tous les jours
  • Assurer un suivi à la fois à distance et sur le terrain entre ces relais et le prestataire extérieur de sorte à trouver des nouveaux mouvements, à pérenniser la pratique, etc.
Pérenniser doit être le leitmotiv pour atteindre les objectifs de l’entreprise !

Considérer que c’est chronophage

Les échauffements en entreprise ne prennent que 5 à 10 minutes. Sur un temps de travail de 7 à 8h environ, cela ne représente que 1 à 2% de la journée. C’est la durée nécessaire pour réveiller le corps en sollicitant les muscles, les articulations et le système cardio-vasculaire. C’est la durée nécessaire pour augmenter la température globale du corps humain. C’est la durée nécessaire pour un réveil psychique, stimuler l’esprit. C’est la durée nécessaire pour rassembler, améliorer la cohésion entre les collaborateur. C’est la durée nécessaire pour améliorer la sécurité et la santé au travail. C’est la durée nécessaire pour améliorer la qualité de vie au travail. C’est la durée nécessaire pour bénéficier de toutes les vertus. La question ne devrait pas vraiment exister. Ce n’est pas chronophage.

Voir aussi l’article : Sport en entreprise, et si on était plus optimiste ?

Pour y remédier :

  • Comptabiliser toutes les pauses durant la journée, l’absentéisme, le présentisme, les arrêts de travail, etc pour se rendre à l’évidence que du temps on en perd vraiment ailleurs…
  • Se faire aider pour que l’encadrement des échauffements soit chronométré et ne prenne pas trop de temps, uniquement le temps nécessaire

Se dire que ce n’est réservé qu’à l’industrie et au BTP

Quand on évoque les échauffements en entreprise, on sous-entend souvent que c’est pour les employés de l’industriel, de l’agroalimentaire ou les ouvriers. Pourtant, tout le monde devrait s’y mettre, y compris le tertiaire. En effet, les sollicitations notamment au niveau du corps entre un charpentier et un banquier ne sont pas les mêmes. Cependant, tout travail est plus ou moins contraignant, répétitif, pénible, etc. Tout dépend où le curseur est fixé et ce que l’on attend des échauffements en entreprise. Il est important de rappeler que le corps est un outil formidable d’adaptation. Cette notion est valable de manière très positive (amélioration des performances) mais aussi très négative (détérioration des capacités). De ce fait, il est important de relier les risques professionnels, les contraintes métier avec le type d’échauffement adéquat.

Pour y remédier :

  • Sensibiliser et dédramatiser sur ce que sont les échauffements en entreprise
  • Rendre les échauffements spécifiques du secteur dans lequel ils sont mis en place, adapter les exercices selon les muscles, articulations sollicités et les gestes, postures réalisés
échauffement en entreprise
On s’y met quand ?

Ce qu'il faut retenir :

  1. Une action de prévention comme les échauffements en entreprise est un investissement rentable (ratio de 2 à 5)
  2. La mise en place d’échauffement doit être inclusive, structurée et programmée
  3. La sensibilisation de relais dans l’entreprise et un suivi dans la durée sont primordiaux
  4. Les échauffements représentent que 1 à 2% du temps de travail journalier, ce n’est pas chronophage
  5. Tous les secteurs sont concernés par leur mise en place du moment qu’ils sont adaptés à la situation de travail

Convaincu(e) et prêt(e) à ne pas commettre ces erreurs ? A vos marques, prêts, échauffez !